Optimiser ses livrets d’épargne après 60 ans : LEP, Livret A, LDDS
Les livrets bancaires restent le placement préféré des Français à la retraite. Sécurité, liquidité, simplicité : trois qualités qui rassurent quand on cherche à mettre son patrimoine à l’abri sans prendre de risque. Mais entre Livret A, LDDS, LEP, livret bancaire ou super-livret, comment optimiser sa stratégie après 60 ans pour en tirer le meilleur ?
À retenir : en cumulant Livret A, LDDS et LEP pour un couple, vous pouvez sécuriser jusqu’à 92 800 € en franchise totale d’impôt, avec un rendement net moyen autour de 2,4 % en 2026. Et la plupart des seniors oublient l’un de ces produits.
Le Livret A : le réflexe historique
Tout le monde le connaît. Plafond de 22 950 € par personne, taux fixé par le gouvernement (actuellement 1,7 %), totalement défiscalisé et exonéré de prélèvements sociaux. L’argent est disponible immédiatement, sans frais ni pénalité.
Le Livret A reste imbattable pour la trésorerie de précaution. La règle que je donnais toujours à mes clients seniors : conserver l’équivalent de 4 à 6 mois de dépenses courantes sur ce livret. Pour un couple dépensant 2 500 € par mois, cela représente environ 10 000 à 15 000 €. Au-delà, le Livret A ne sert plus à rien : son rendement est trop faible face à l’inflation pour de l’épargne longue.
Le LDDS : le jumeau souvent oublié
Le Livret de Développement Durable et Solidaire fonctionne comme le Livret A. Même taux (1,7 %), même fiscalité (zéro), même disponibilité immédiate. Sa différence : un plafond de 12 000 €, et il sert à financer l’économie sociale et solidaire ainsi que la transition écologique.
Beaucoup l’oublient pourtant : pratiquement tous les retraités peuvent l’ouvrir en complément du Livret A. Et pour un couple, cela double l’enveloppe sécurisée à 24 000 €. Si votre conseiller bancaire ne vous l’a jamais proposé, c’est probablement parce qu’il préfère vous orienter vers des produits plus rémunérateurs pour la banque.
Le LEP : le plus rentable, sous conditions
Le Livret d’Épargne Populaire est le grand gagnant de ces dernières années. Son taux est nettement supérieur aux autres livrets réglementés : 2,7 % en 2026, contre 1,7 % pour le Livret A. Sur un plafond de 10 000 €, cela représente 270 € d’intérêts par an, contre 170 € avec un Livret A. Totalement défiscalisé.
La condition d’ouverture porte sur le revenu fiscal de référence (RFR). Pour 2026, les plafonds applicables sont les suivants :
| Composition du foyer | Plafond RFR 2026 |
|---|---|
| 1 personne (célibataire) | 22 823 € |
| Couple sans enfant | 35 026 € |
| Couple avec 1 enfant | 41 128 € |
| Couple avec 2 enfants | 47 230 € |
Une part importante des retraités est éligible au LEP sans le savoir. Une retraite moyenne tourne autour de 1 600 € à 1 800 € par mois, soit un RFR compatible avec les plafonds. Vérifiez votre dernier avis d’imposition : si vous êtes éligible, ouvrez-en un immédiatement, c’est de l’argent laissé sur la table sinon.
Le super-livret : intéressant à court terme uniquement
Les banques en ligne (Boursorama, Fortuneo, Hello bank, Monabanq) proposent régulièrement des livrets boostés à 4 % à 5 % pendant 2 à 4 mois sur une somme plafonnée. Une fois la promo terminée, le taux retombe à 1 % ou moins.
Stratégie réaliste : utiliser ces super-livrets uniquement pour l’argent que vous comptez sortir bientôt (achat immobilier, voyage, projet à 6 mois). Au-delà, le rendement net devient inférieur au LEP ou même au Livret A. Ce n’est pas un produit de fond patrimonial.
Le livret bancaire classique : à éviter
C’est le piège dans lequel tombent encore beaucoup de seniors. Votre banquier vous propose de placer vos économies sur un « livret épargne » maison, présenté comme rémunérateur. Réalité : le taux brut tourne autour de 0,5 % à 1,5 %, et les intérêts sont fiscalisés au prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Le rendement net descend souvent en dessous de 1 %.
Si on vous propose un livret classique alors que vos Livret A, LDDS et LEP ne sont pas saturés, refusez. Si on vous le propose alors que vous avez encore de la place sur ces livrets réglementés, c’est tout simplement contre votre intérêt.
L’ordre optimal pour remplir vos livrets
Voici la séquence que je recommandais systématiquement à mes clients seniors :
- Étape 1 : ouvrir un LEP si vous êtes éligible (plafond 10 000 €, taux 2,7 %)
- Étape 2 : remplir le Livret A (plafond 22 950 €, taux 1,7 %)
- Étape 3 : remplir le LDDS (plafond 12 000 €, taux 1,7 %)
- Étape 4 : seulement après, étudier l’assurance-vie ou les SCPI pour le reste
Pour un couple maximisant tous ses livrets réglementés, l’enveloppe totale en franchise d’impôt s’élève à 92 800 € (2 LEP + 2 Livret A + 2 LDDS). C’est déjà une base solide pour la trésorerie senior, avant de penser aux placements de rendement.
Les erreurs classiques à éviter
- Cumuler plusieurs Livret A. Un seul est autorisé par personne. Les banques le détectent automatiquement et le second sera fermé d’office.
- Garder 50 000 € sur un Livret A. Au-delà du plafond, votre argent dort sans rien rapporter. Étalez sur LDDS, LEP, puis assurance-vie.
- Souscrire un livret bancaire classique avant de saturer les livrets réglementés. C’est mathématiquement perdant.
- Oublier de réviser son éligibilité au LEP chaque année. Si vos revenus baissent (départ à la retraite, par exemple), vous pouvez devenir éligible.
- Confondre liquidité et rendement. Les livrets sont liquides mais peu rémunérateurs. Pour préparer la transmission, il faut compléter par de l’assurance-vie ou des placements long terme.
FAQ
Puis-je avoir plusieurs livrets dans plusieurs banques ?
Oui pour les livrets bancaires classiques (autant que vous voulez). Non pour les livrets réglementés : un seul Livret A, un seul LDDS, un seul LEP par personne, peu importe la banque.
Le Livret A peut-il être saisi en cas de dettes ?
Oui, comme tout compte bancaire, à l’exception d’un solde insaisissable correspondant au RSA. Cette idée reçue selon laquelle le Livret A serait intouchable est fausse.
Que se passe-t-il au décès du titulaire ?
Le livret est bloqué et intégré à la succession. Les intérêts continuent de courir jusqu’à la date du décès. Le notaire instruit le dossier, et les fonds sont versés aux héritiers selon la dévolution successorale, après paiement éventuel des droits.
Le LEP est-il vraiment plus avantageux que l’assurance-vie ?
À court et moyen terme, oui, sans aucun risque. À long terme (8 ans et plus), l’assurance-vie peut faire mieux, surtout via les unités de compte, mais avec un risque de perte en capital. Pour la trésorerie sécurisée, le LEP reste le meilleur placement réglementé.
Faut-il fermer son Livret A après 60 ans ?
Surtout pas. C’est votre meilleure trésorerie de précaution, et vous pouvez y avoir besoin à tout moment (frais médicaux imprévus, aide à un enfant, voyage). Gardez-le actif, mais ne le saturez pas inutilement si le LEP est disponible.
Un autre guide à lire ?
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