Types de retraite et régimes spécifiques

Retraite à l’étranger : pays favorables aux pensions françaises

Bernard, ancien conseiller patrimoine
Par Bernard 22 juin 2026  ·  6 min de lecture

De plus en plus de Français choisissent de vivre leur retraite à l’étranger. 1,5 million de retraités français perçoivent leur pension à l’étranger en 2026, et le mouvement s’amplifie. Coût de la vie, climat, fiscalité avantageuse : les motivations sont variées. Mais tous les pays ne se valent pas, et certains sont nettement plus favorables aux pensions françaises que d’autres.

À retenir : partir à l’étranger peut faire gagner 20 à 50 % de pouvoir d’achat à pension équivalente. Mais attention : votre pension reste imposable en France (pour la retraite de base CNAV), et certains pays exigent un visa long séjour avec justification de ressources minimum.

Le top 5 des destinations pour retraités français

1. Le Portugal

Climat doux, prix attractifs et accueil ouvert. Le pays attire massivement les retraités français depuis 2013. Lisbonne, Porto et l’Algarve sont les régions privilégiées.

Avantages :

  • Coût de la vie inférieur de 25 à 35 % à celui de la France
  • Système de santé public correct, complété par des cliniques privées abordables
  • Communauté française importante (40 000 personnes)
  • Climat méditerranéen doux toute l’année dans le sud

Fiscalité 2026 : le statut « résident non habituel » (RNH) a été modifié. Les pensions étrangères y sont désormais imposées à 10 % (au lieu d’être exonérées). Reste avantageux pour les retraités à pension confortable.

2. L’Espagne

Soleil, mer, gastronomie, à 2h de France. Costa Brava, Costa del Sol, Andalousie : les destinations sont nombreuses. La communauté française dépasse 110 000 expatriés.

Avantages :

  • Coût de la vie inférieur de 15 à 25 %
  • Sécurité sociale espagnole bonne et accessible aux résidents
  • Immobilier abordable hors zones touristiques (1 800 à 2 500 €/m²)
  • Trains et avions très fréquents vers la France

Inconvénients : fiscalité espagnole sur les revenus mondiaux après 183 jours de résidence. Soumis à la convention fiscale franco-espagnole pour éviter la double imposition.

3. Le Maroc

Le Maroc reste une destination de prédilection. Marrakech, Agadir, Tanger et Casablanca attirent les retraités français pour leur cadre, leur climat et leur fiscalité.

Avantages :

  • Coût de la vie inférieur de 40 à 50 %
  • Abattement de 80 % sur l’impôt sur le revenu des pensions étrangères transférées au Maroc
  • Climat ensoleillé toute l’année
  • Communauté française très implantée

Inconvénients : système de santé public limité, nécessitant souvent une couverture privée. Stabilité politique appréciée mais à surveiller régulièrement.

4. La Tunisie

Moins connue que le Maroc, mais avec des atouts comparables. Sousse, Hammamet, Djerba sont les pôles d’attraction.

Avantages :

  • Coût de la vie 50 % moindre qu’en France
  • Convention fiscale favorable
  • Immobilier accessible (1 200 €/m² en moyenne)
  • Langue française largement parlée

Le pays sort progressivement d’une période d’instabilité. Privilégier les zones touristiques bien sécurisées.

5. La Thaïlande

Pour les retraités en quête de dépaysement total. Chiang Mai, Hua Hin et Pattaya accueillent des communautés françaises.

Avantages :

  • Coût de la vie 50 à 60 % moins cher
  • Visa retraite spécifique (Non-Immigrant O-A) accessible dès 50 ans
  • Climat tropical, cuisine excellente

Inconvénients : éloignement géographique (10h de vol), barrière linguistique, système de santé inégal (excellent dans les grandes villes, limité ailleurs).

Les conditions administratives

Partir en retraite à l’étranger nécessite quelques démarches importantes.

Avant le départ

  • Déclaration à votre caisse de retraite (CNAV, AGIRC-ARRCO) du changement d’adresse à l’étranger
  • Inscription au consulat de France du pays de résidence (sur registre.diplomatie.gouv.fr)
  • Choix bancaire : compte français maintenu ou ouverture d’un compte local
  • Couverture santé : conservation de la Sécurité sociale française (CFE) ou affiliation locale

Conventions fiscales bilatérales

La France a signé une convention fiscale avec la plupart des pays. Ces conventions évitent la double imposition : votre pension n’est imposée que dans un pays.

Règle générale (à vérifier au cas par cas) :

  • Pension du privé (CNAV, AGIRC-ARRCO) : imposable dans le pays de résidence
  • Pension de la fonction publique : imposable en France, sauf cas spécifiques

Le statut fiscal idéal dépend donc de votre situation et du pays choisi. Un conseil patrimonial avant le départ est fortement recommandé.

Le coût de la vie comparé

Indice comparatif (base 100 = France) pour les principales destinations :

Pays Coût de la vie (indice) Loyer Paris équivalent
France (référence) 100 1 000 € pour 50m²
Portugal (hors Lisbonne) 65-75 500 € pour 50m²
Espagne (Andalousie) 75-85 600 € pour 50m²
Maroc 50-60 400 € pour 50m²
Tunisie 45-55 350 € pour 50m²
Thaïlande 40-50 300 € pour 50m²

Important : ces indices sont des moyennes nationales. Le coût varie fortement selon la région et le mode de vie (citadin vs rural).

La question de la santé

C’est souvent le critère décisif au-delà de 70 ans. Plusieurs options :

Maintien de la Sécurité sociale française (CFE)

La Caisse des Français de l’Étranger propose une couverture similaire à la Sécurité sociale française. Cotisation forfaitaire (environ 200 à 400 € par mois selon l’âge). Couvre les soins partout dans le monde, avec remboursement aux tarifs français.

Adhésion au système local

Dans les pays de l’UE (Portugal, Espagne), vous pouvez bénéficier du système local après inscription (avec votre formulaire S1 transmis par la CPAM). Souvent moins protecteur que la CFE, mais gratuit.

Mutuelle internationale privée

Option pour les retraités s’installant hors UE et hors conventions. Coût : 150 à 500 € par mois selon l’âge et le niveau de couverture.

Les erreurs à éviter

  • Partir sur un coup de tête vacancier. Un séjour de 3 mois sur place avant de s’engager définitivement est le minimum recommandé.
  • Sous-estimer l’éloignement familial. Plus loin = plus rare. Calculez 2 à 3 voyages par an, avec le budget associé.
  • Ignorer la fiscalité locale. Certains pays « favorables » ont vu leurs avantages réduits. Vérifiez la situation 2026 du pays envisagé.
  • Mal anticiper la santé. Un retraité de 75 ans tombe en moyenne 3 fois plus souvent malade qu’à 60 ans. Le système de santé local doit pouvoir suivre.
  • Acheter avant de vivre dans le pays. Louer 1 à 2 ans avant d’acheter évite les achats impulsifs et les regrets coûteux.

FAQ

Puis-je continuer à toucher ma retraite française à l’étranger ?

Oui, sans restriction. Votre pension est versée sur n’importe quel compte bancaire français ou local. Aucune réduction n’est appliquée pour résidence à l’étranger.

Dois-je payer l’impôt français sur ma pension si je vis à l’étranger ?

Cela dépend du pays et du type de pension. Pour la retraite de base CNAV, les conventions bilatérales déterminent dans quel pays vous payez. Pour la pension de la fonction publique, c’est presque toujours en France.

Combien de temps puis-je rester à l’étranger sans perdre la couverture santé française ?

Si vous êtes affilié à la CFE, vous êtes couvert partout dans le monde sans limite de temps. Si vous restez à la Sécurité sociale française classique, la couverture se limite généralement à 90 jours par an hors UE.

Y a-t-il un âge limite pour partir à l’étranger ?

Aucune limite légale. Mais en pratique, les compagnies d’assurance santé deviennent réticentes au-delà de 75 ans, et certains pays imposent une réserve financière minimale (visa long séjour). Plus on part jeune, plus c’est simple.

Puis-je revenir en France si l’expatriation ne me convient pas ?

Oui, librement. Il suffit de notifier votre changement d’adresse à votre caisse de retraite et de réactiver votre couverture santé française. La transition prend 1 à 3 mois.

Bernard

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